Les données collectées par les Citizen Science Leaders (CSL) procurent des informations vitales sur la santé de l'eau douce de notre planète et elles nous aident à mieux connaître le mode de comportement des plans d'eau. Earthwatch est ravie d'annoncer les résultats obtenus à ce jour.
 

Faits saillants :

  • 6 000 ensembles de données recueillis entre mai 2013 et décembre 2014

  • 1 000 plans d'eau étudiés à travers le monde

  • Les observations des CSL sur l'affectation des sols et les sources de pollution fournissent des informations cruciales

  • La conjonction des données satellitaires et des données des CSL améliorent notre lecture des plans d'eau.
     

 

Les scientifiques du projet Earthwatch collectent des données sur l'eau douce
 

Les scientifiques de FreshWater Watch ont analysé 6 000 jeux de données, qui représentent 1 000 plans d'eau, téléchargés par des Citizen Science Leaders entre mai 2013 et décembre 2014.

Certains des résultats préliminaires ont confirmé les hypothèses des scientifiques, alors que d'autres ont été plus surprenants. Surtout, toutes les données recueillies par les CSL jusqu'ici se sont révélées précieuses pour documenter la gestion de la conservation de l'eau à travers le monde.
 

Eaux stagnantes vs. eaux courantes

Les données révèlent des différences entre les plans d'eau « lentiques » ou « lénitiques » et les plans d'eau « lotiques » qui semblent être les mêmes à l'échelle mondiale. Les plans d'eau lentiques sont des écosystèmes d'eau stagnantes, comme les lacs et les étangs alors que les plans d'eau lotiques sont ceux qui ont des eaux courantes, comme les rivières et les ruisseaux.

Vérification des niveaux de phosphate dans un échantillon d'eau

 

Les CSL ont détecté des nutriments dissous - des phosphates et des nitrates - dans les deux types de plans d'eau. Les plantes aquatiques ont besoin de ces nutriments pour croître mais en présence de trop de nutriments dans le plan d'eau - en raison des eaux usées ou des engrais agricoles par exemple - ils peuvent être toxiques pour la santé du plan d'eau.

Jusqu'ici, les résultats du projet FreshWater Watch montrent que, sur la base des données de 32 régions urbaines réparties sur quatre continents, les niveaux de nitrates tendent à être plus élevés dans les plans d'eaux courantes. Les niveaux de phosphates sembleraient eux aussi généralement plus élevés mais les informations sont moins claires. Cette uniformité à l'échelle mondiale est un résultat intéressant que nos scientifiques ont l'intention d'explorer plus à fond.
 

Algues toxiques

Lorsqu'un plan d'eau présente trop de nutriments, les algues microscopiques (phytoplancton) dans l'eau peuvent prospérer, ce qui engendre une prolifération d'algues laquelle, si elle n'est pas maîtrisée, peut faire une barrière à l'ensoleillement et empêcher l'oxygène de gagner la faune aquatique. Dans certains cas, une croissance excessive de ces microalgues dégage des toxines qui peuvent rendre l'eau dangereuse pour les êtres humains et les animaux qui la consomment.

L'analyse des données de FreshWater Watch a confirmé l'hypothèse avancée par les scientifiques selon laquelle les épisodes de prolifération d'algues se produisent plus fréquemment dans les eaux dormantes que dans les eaux courantes. Cela tient probablement au fait que les microalgues présentes dans les eaux stagnantes sont moins impactées par les courants.

Ces conclusions, rendues possibles grâce aux données des CSL, sont particulièrement utiles, car les agences en charge de l'environnement et de l'eau ont souvent besoin d'informations sur la présence et le calendrier de formation des proliférations d'algues afin de réduire leur fréquence et leur durée.

Les CSL analysent également la turbidité - le caractère trouble de l'eau provoqué par des particules individuelles telles que des sédiments ou des algues microscopiques. On pensait jusqu'alors que les niveaux de turbidité seraient sans doute plus élevés dans les plans d'eau lotiques, en raison de facteurs comme les matériaux issus des bassins versants qui tombent dans l'eau. Mais les nouvelles données des CSL suggèrent que les niveaux de turbidité sont en fait plus élevés dans les plans d'eau lentiques. Les scientifiques pensent que la prolifération d'algues pourrait avoir un impact dominant sur la turbidité et entendent explorer ce lien plus en détail.
 

Pollution et plantes

Les scientifiques de FreshWater Watch rassemblent tous les « paramètres de recherche » étudiés par les CSL – niveaux de nutriments, turbidité, etc. – en un « indice d'impact ». Cela veut dire qu'ils sont capables de comparer ces résultats avec les autres éléments propres à chaque plan d'eau grâce à d'autres observations faites par les CSL. Ainsi, il semble que des sources de pollution visibles – comme les conduits qui se déversent dans les plans d'eau – aient un effet notable sur la qualité de l'eau : plus le nombre de sources de pollution visibles est élevé, plus la qualité de l'eau est médiocre.

Par ailleurs, là où il n'y a pas de végétation sur les berges, la qualité de l'eau est généralement moins bonne. Cela s'explique peut-être par le fait que les plantes terrestres contribuent à « l'assimilation » des nutriments, les empêchant d'atteindre l'eau et rendant ainsi le plan d'eau plus propre.
 

CSL et les satellites

Les scientifiques se servent aussi des données des CSL pour les comparer aux données d'imagerie par satellite qui nous parlent de facteurs comme l'hydrologie, les conditions météorologiques et la densité démographique. Cela nous aide à replacer vos données dans un contexte.

En conjuguant ces données locales « à l'échelle micro » et les données satellite « à l'échelle macro », nous pouvons améliorer notre aptitude à prédire le comportement des plans d'eaux stagnantes au fil du temps. En ce qui concerne les plans d'eaux courantes, pour l'heure, les conclusions ne sont pas aussi limpides, mais nous avons l'intention d'étudier plus à fond ces résultats préliminaires.
 

Merci mille fois – et poursuivez vos efforts !

Certains de ces résultats préliminaires peuvent sembler découler du bon sens mais, en fait, les preuves statistiques que procurent les données recueillies par les CSL sont absolument cruciales car elles nous donnent des outils pour documenter la gestion de la conservation - comme le fait de connaître l'efficacité des espaces verts à proximité des plans d'eau et des « zones tampons » près des exploitations agricoles, qui peuvent contribuer à réduire la charge en nutriments en provenance des eaux de ruissellement agricoles qui seraient autrement susceptibles de finir dans nos plans d'eau.

C'est donc grâce à vous que nous sommes armés pour prendre des mesures visant à préserver l'eau douce de notre planète. Nous avons besoin de plus de données pour conférer plus de fiabilité à nos résultats, alors continuez de tester les plans d'eau près de chez vous et ne manquez pas de télécharger vos données. Vous pouvez aussi contribuer au projet en recrutant d'autres CSL parmi vos collègues.

Nous serions aussi ravis que vous nous fassiez part de vos expériences. Restez en contact par le biais de nos forums et sur nos blogs et gardez un œil sur d'autres résultats du projet FreshWater Watch.